Comment expliquer un manque d'énergie ? Une lecture yogique.
- Surya
- il y a 10 heures
- 3 min de lecture
Le manque d’énergie est devenu l’un des symptômes les plus répandus de notre époque. Pourtant, il ne s’explique pas toujours par un simple déficit de sommeil. Beaucoup de personnes dorment “suffisamment”, mangent correctement, pratiquent une activité physique — et se sentent malgré tout épuisées.
Alors, pourquoi manque-t-on d'énergie ?
La réponse est rarement unique. Elle dépend d’un équilibre subtil entre respiration, mouvement, système nerveux et qualité de l’attention.

1. Une mauvaise respiration peut provoquer un manque d'énergie
La respiration joue un rôle central dans notre vitalité. Dans la tradition du yoga, on parle de prāṇa, l’énergie vitale transportée par le souffle. Lorsque la respiration est courte, haute et rapide, l’énergie se disperse.
D’un point de vue scientifique, la respiration influence directement :
l’oxygénation cellulaire,
l’équilibre acido-basique,
le fonctionnement du système nerveux autonome.
Une respiration thoracique superficielle, fréquente en cas de stress chronique, entraîne :
une mobilisation réduite du diaphragme,
une ventilation moins efficace,
une activation prolongée du système nerveux sympathique (mode “alerte”).
Des études en psychophysiologie montrent qu’une respiration rapide est associée à une augmentation du cortisol et à une fatigue mentale accrue. À l’inverse, une respiration lente et diaphragmatique améliore :
l’oxygénation,
la variabilité cardiaque (HRV),
la régulation émotionnelle.
Un dysfonctionnement respiratoire peut donc contribuer directement au manque d’énergie chronique.
2. Un déséquilibre du système nerveux autonome
Le manque d’énergie ne vient pas toujours d’un manque d’activité. Il vient souvent d’un excès de stimulation. Notifications constantes, écrans, multitâche, décisions rapides : notre système nerveux reste en hyperactivation.
Rappelons que le système nerveux autonome comporte deux branches :
le système sympathique (activation, vigilance),
le système parasympathique (récupération, régénération).
Lorsque le système sympathique est activé trop longtemps :
le cortisol reste élevé,
le sommeil profond diminue,
la récupération devient insuffisante.
Ce déséquilibre neurovégétatif favorise une fatigue persistante. Du point de vue yogique, on dirait que l’énergie est dispersée. Du point de vue scientifique, on parle d’hyperactivation chronique.
3. La sédentarité et la fatigue physique
Un autre facteur fréquent du manque d’énergie est la sédentarité, d'ailleurs très fréquente dans notre société.
La position assise prolongée est associée à :
une baisse de l’activité enzymatique liée au métabolisme du glucose,
une diminution de la sensibilité à l’insuline,
un ralentissement de la circulation sanguine et lymphatique.
Même chez les personnes sportives, huit heures d’immobilité quotidienne réduisent la dépense énergétique globale.
Le corps n’a pas seulement besoin d’exercice intense. Il a besoin de mouvement régulier tout au long de la journée.
4. La surcharge cognitive et la fatigue mentale
Le cerveau consomme environ 20 % de l’énergie totale du corps au repos.
Une exposition constante à l’information augmente la charge cognitive et favorise la fatigue mentale.
Les recherches en neurosciences montrent que :
le multitâche augmente l’activité du cortex préfrontal,
la dispersion attentionnelle réduit l’efficacité neuronale,
l’absence de pauses ralentit la récupération cognitive.
La fatigue mentale n'est donc pas imaginaire, mais physiologiquement réelle. Dans le yoga, on parlerait de dispersion du mental.
5. Inflammation légère et fatigue chronique
Un stress prolongé, une sédentarité et un sommeil altéré peuvent favoriser une inflammation chronique de bas grade.
Cette inflammation est associée à :
une baisse de motivation,
une sensation de lourdeur,
une diminution de la vitalité.
Des études en immunologie comportementale montrent un lien direct entre inflammation et fatigue persistante.
Comment le yoga aide à retrouver de l’énergie
Le yoga ne “donne” pas de l’énergie artificiellement. Il restaure les conditions biologiques nécessaires à sa circulation.
Une pratique régulière permet :
de réguler la respiration,
d’équilibrer le système nerveux,
de relancer la circulation,
de réduire la dispersion mentale,
de favoriser la récupération.
Des recherches montrent que les pratiques respiratoires lentes et les mouvements doux réduisent le cortisol et améliorent les marqueurs inflammatoires.
Le yoga n’est pas un stimulant. C’est un rééquilibrage profond.



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